Récit #124 – Les retrouvailles – Chapitre trois – Meurtre, trahison et cauchemars

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Paralysée par la peur, je regarde Caroline sans dire un mot. Elle dépose le chaudron sur le comptoir à côté d’elle, pour ensuite s’approcher de moi. Instinctivement, je reculai jusqu’au sofa dans lequel j’étais installée pour lire. Je trébuchai et m’y assis. Elle en fit autant dans le fauteuil dans lequel l’agent Messier était installé. Le silence s’installa durant de longues minutes, jusqu’à ce qu’elle se décide à parler:

— Enfin seule toute les deux. J’avais raison pas vrai?

Je jetai un regard furtif sur l’horloge sur le manteau de la cheminée, Patrick serait bientôt là, autant gagner du temps et la faire parler.

— oui tu as raison mais ce n’est pas pour les raisons que tu penses. Patrick est un homme que j’ai connu il y a plusieurs années. Nous avons été amants.

— Et maintenant, vous vous êtes retrouvés. Que c’est… romantique, dit-elle sur un ton sarcastique. Reste quand même que ce poste me revenait, et que t’avais pas le droit de l’avoir. Elle se leva brusquement et me gifla. Je m’effondrai sur le sofa avant de pousser un gémissement de douleur. Elle reprit sa place sur le fauteuil et resta silencieuse, à me regarder fixement.

— Qu’est-ce que tu comptes faire?, demandai-je d’une petite voix. Tu vas me tuer?

— J’en ai l’intention en effet. Mais pas tout de suite. Nous attendons un invité spécial, et je ne compte ne rien faire jusqu’à ce qu’il soit ici.

— Patrick?

— tu verras en temps et lieux. Maintenant, la ferme!

Elle n’avait pas haussé le ton, pourtant, je me recroquevillai sur moi-même. Il y eux soudain un énorme éclair qui nous aveugla toute les deux momentanément, suivit d’un coup de tonnerre assourdissant. J’en profitai pour me jeter par-dessus le dossier du divan pour ensuite courir au hasard des couloirs. La pénombre était quasi-totale et, ne connaissant pas la maison, je manquai plusieurs fois de trébucher. J’entendais Caroline derrière moi, qui me poursuivait. Je revins dans la cuisine et je trébuchai sur le corps de l’agent Messier, toujours inconscient. Dans un éclair de génie, je m’emparai de son arme, et la pointai sur Caroline, lorsqu’elle surgit, à son tour, dans la cuisine. Me regardant intensément, elle ricana et dit:

— Pose ton jouet. Tu n’as pas le cran de t’en servir.

Je ne bougeai pas d’un millimètre, restant braquée sur elle. Un bruit derrière moi attira mon attention.

— Lâche ton arme Jessie, me dit Sawyer, en pointant son arme sur Caroline.

Soulagée, je la déposai sur le sol, près de l’agent Messier.

— Dieu merci!, dis-je, soulagée. Vous êtes…

Je m’interrompis car il venait de braquer son arme dans ma direction. Il se rapprocha ensuite de Caroline, qui vint se lover contre lui.

— Alors l’histoire de votre femme et de votre fille, c’était des mensonges?, demandai-je au bord des larmes.

— Non. C’est réellement arrivé, répondit Sawyer.

— Pourquoi?, demandais-je. Pourquoi vous nous faites ça?

Je marquai une pause.

— Où est Patrick?

— Je l’ai déposé en ville comme prévu. Il n’a rien à voir dans cette histoire.

Soulagée, je me détendis légèrement. Je jetai un coup d’oeil furtif à l’horloge derrière Sawyer, il était presque 20h00 maintenant.

— Alors, vous allez me tuer, c’est ça?, demandai-je

— Oui mon amour, tue-la, intervint Caroline, en embrassant et câlinant son amoureux.

— Comment vous en êtes arrivés là?, voulus-je savoir.

— J’ai rencontré Caroline quelques semaines après le drame et suis tombé amoureux d’elle. Quand elle m’a appris l’injustice dont elle avait été victime, j’ai tout de suite su qu’il fallait que j’y remédie.

— Maintenant tue-la mon amour, dit à nouveau sa complice.

Elle détourna son regard pour l’embrasser à pleine bouche. Voyant que leur attention était détournée par le baiser qu’ils échangeaient, je me baissai prudemment, sans faire de bruit, et m’emparai à nouveau du pistolet, pour ensuite détaler dans les couloirs. Sawyer tira, mais me manqua de peu. La balle alla se loger dans le mur près de ma tête. Devant moi, à environ cinq mètres, il y avait une grande fenêtre qui donnait sur la forêt, là où nous avions pêcher ce matin. J’empoignai solidement le pistolet et m’y précipitai. Je passai au travers la vitre et atterris sur la pelouse. Je me relevai en titubant, avant de me diriger vers la forêt. Sawyer tira de nouveau dans ma direction, mais me manqua de peu encore. Je me réfugiai dans la forêt. Ignorant l’escalier de bois, je descendis la pente abrupte en courant et en trébuchant, la pluie rendant le sol boueux et glissant. Je me retrouvai très vite trempée, et glacée jusqu’aux os. Je tombai rapidement face au lac. Prise d’une soudaine inspiration, je me séparai de la veste du tailleur que je portais encore et l’abandonnai sur la berge. Par la suite, je tentai de remonter par un autre chemin, sachant que Sawyer et Caroline seraient à ma recherche. Je m’aidais avec les arbres et je pus remonter sans trop de difficultés. Je retournai à la maison et tentai de réveiller l’agent Messier. Il se redressa, portant la main à sa tête.

— Qu’est-ce qui s’est passé? me demanda-t-il, confus.

— Il faut y aller, ce serait trop long à expliquer.

Il se leva tant bien que mal et je le soutins jusqu’à sa voiture. Lorsque j’ouvris la portière, Caroline surgit derrière moi pour me plaquer au sol. Je tentai de la repousser suffisamment pour utiliser le pistolet et ses mains se refermèrent sur ma gorge. Je ne pouvais plus respirer. Je commençais à perdre conscience, lorsque j’entendis un coup de feu. Caroline tomba sur moi de tout son poids, ses mains se relâchant tout à coup autour de mon cou. Je toussai et inspirai profondément, avant de tenter de repousser le corps de Caroline, qui avait pris une balle dans la tête. L’agent Messier vint à mon aide, son arme de cheville encore à la main. Il me dégagea et m’aida à se relever.

— Montez dans la voiture. Nous partons d’ici, me dit-il.

Alors que je montais, un autre coup de feu retentis et L’agent Messier s’effondra au sol, une balle dans le dos. Sawyer surgit tout à coup devant moi. Il m’agrippa par les chevilles et me tira à l’extérieur. Je tentai de m’accrocher à ce qui se trouvait à ma portée, en vain. Il m’étrangla d’une main et de l’autre, il pointa son pistolet sur ma tempe. Je fermai les yeux et attendis qu’il fasse feu. Un coup de feu retentis bel et bien, pas de son pistolet, mais de celui de l’agent Messier, qui s’effondra par la suite, mort. Je repoussai le corps de Sawyer et je m’enfermai dans la voiture patrouille où se trouvait une radio.

— Ici la voiture de l’agent Messier. Il a été tué par l’agent Sawyer. J’aurais besoin d’aide.

— Identifiez vous mademoiselle, me demanda la voix désincarnée de la radio.

— Je m’appelle Jessie, et j’ai été victime d’une agression ce matin et ce soir. Je suis à la maison de vacance de l’agent Sawyer.

— Je vous envoie des renforts.

Je m’enfermai dans la voiture de patrouille. J’étais épuisée, trempée jusqu’aux os et je tremblais de partout. Une voiture arriva dans le stationnement. Je reconnus la voiture de Patrick. Suivaient derrière lui quatre voitures de patrouille. Je sortis de celle où j’étais en titubant et Patrick dû me rattraper, car je m’effondrai lorsque j’arrivai à sa hauteur. Il me prit dans ses bras et m’emmena à l’intérieur de la maison.

— Il lui faut des vêtements secs. Allez dans le coffre de ma voiture, demanda-t-il à un des policiers. Il y a un sac contenant des habits pour nous deux.

Le policier s’exécuta, puis, revint quelques instants plus tard avec le sac. Quant à moi, je dérivai, sur le bord de l’inconscience. Les policiers eurent le tact de se retourner lorsque Patrick m’aida à me changer. Il me passa un pantalon de survêtement, un débardeur et me recouvrit avec une épaisse couverture de laine, puis, il me mit des ballerines aux pieds. Je reconnus l’odeur et la texture, c’était la couverture que ma grand-mère m’avait fait. Mon amoureux me rapprocha des flammes de la cheminée et me chanta un chant créole. L’un des policiers me mit une tasse de thé fumant dans les mains. Je bus celui-ci à petites gorgée. Des ambulanciers vinrent m’examiner, J’avais plusieurs hématomes et de plaies due aux branches dans la forêt, ainsi que des éclats de verre dans les mains et les genoux.

— On va l’emmener avec nous pour plus de sécurité. Elle a une hypothermie légère, et plusieurs coupures et contusions à faire examiner.

Je m’installai sur la civière et ils me mirent dans l’ambulance, tandis que Patrick nous suivit dans sa voiture. Je continuai à serrer contre moi la couverture de ma grand-mère. Une fois à l’hôpital, Je fus examinée par le médecin de garde, le docteur Lewis. Je lui narrai ce qui m’était arrivé, et elle m’écouta patiemment en me soignant.

— Vous avez vécu toute une aventure, me dit-elle après qu’elle ait eu terminé.

Elle posa sa main sur mon épaule et la serra amicalement, avant de me faire un sourire rassurant. Elle ouvrit la porte et fit entrer mon amoureux.

— Sa température est revenue à la normale, et j’ai bander les plaies. Les pansements pourront être retirés dans quelques jours. Vous pouvez rentrer chez vous.

— Merci Docteur, dit Patrick.

Il m’aida à me lever et déposa ma couverture sur mes épaules. Nous sortîmes dehors, la pluie avait cessée, et le vent s’était calmé. Nous arrivâmes à la voiture, dans laquelle mon amoureux m’installa précautionneusement. Il prit ensuite le volant et nous conduisit jusqu’à son immeuble. Il s’installa à sa place de parking et Albert vint de nouveau nous saluer.

— Qu’est-ce qui vous est arrivé?, me demanda-t-il.

— Nous avons eu… Un accident, résuma Patrick. Tout va bien maintenant.

— Des déménageurs sont venus porter les effets personnels de Jessie. Je suis monté avec eux. Ils ont tout déposé dans le salon.

— Parfait Albert merci infiniment. Vous finissez votre service dans une heure c’est ça?

— Oui.

— Pourquoi ne pas vous joindre à nous pour dîner ce soir?

— Avec plaisir.

Les deux hommes se sourirent, et nous montâmes dans l’ascenseur. Une fois dans son appartement,

Patrick m’installa sur le divan en face du foyer au gaz. Il alluma celui-ci et me borda avec ma couverture.

— Reposes-toi maintenant. Tu as vécu beaucoup d’émotions depuis hier.

Je l’entendis refermer le rideau derrière lui et je dormis avant qu’il n’ait atteint la cuisine. Il me semblait n’avoir dormis que quelques minutes, lorsqu’il me tira du sommeil, une heure plus tard. L’odeur émanant de la cuisine était appétissante. Enveloppée dans ma couverture, je sortis du salon. Albert était déjà dans

la cuisine, devant une assiette de riz créole, et de viande de boeuf. Je m’installai en le saluant et mon amoureux posa une assiette devant moi. Je mangeai avec enthousiasme, c’était délicieux. Nous discutâmes de tout et de rien pendant le repas. Puis, Patrick narra les aventures que nous avions vécu ces dernières 48h. Il dût s’arrêter à mainte reprise, laissant le temps à Albert de digérer ce qu’il entendait.

— En effet, c’est beaucoup d’émotion en très peu de temps. Vous devriez prendre quelques jours afin de prendre soin d’elle, dit Albert en faisant un clin d’oeil dans ma direction. Je lui rendis son clin d’oeil et lui fit un sourire. Ensuite, je baillai à m’en décrocher la mâchoire. Patrick m’emmena dans le lit en haut de l’escalier et m’y allongea. Je m’endormis avant qu’il ne descende l’escalier. Des éclats de voix me réveillèrent très tôt le lendemain matin.

— Elle a vécu beaucoup d’émotions depuis deux jours. Je n’irai pas la réveillée pour votre bon plaisir.

— Monsieur, s’il vous plaît, dit une voix que je ne reconnut pas. J’ai besoin de sa déposition.

J’ouvris les yeux, encore endolorie, et je reconnu mon vieil ourson blanc en peluche. Sa vue me rassura, et je le pris dans mes bras et le serrai fort contre moi. Je me levai avec difficulté et les deux hommes s’interrompirent lorsqu’ils m’entendirent descendre le petit escalier, mon nounours en peluche dans les

mains. Je saluai le policier d’un signe de tête, avant de me blottir dans les bras de mon amoureux. Nous nous dirigeâmes dans la cuisine, et Patrick déposa un bol de lait chaud devant moi. Je le bus à petite gorgées, restant silencieuse pour l’instant aux question de l’enquêteur. Ce ne fût que lorsque j’eus finis mon bol, que je regardai l’homme de loi avec résignation.

— Je sais que vous avez encore besoin de repos, mais j’ai besoin d’avoir tous les détails de ce qui vous est arrivé ces derniers jours.

Je me lançai dans le récit de nos aventures à Patrick et à moi. Nous apprîmes, du même coup, que Sawyer avait caché à tous le monde sa relation avec Caroline et que c’était grâce à lui qu’elle se « volatilisait » chaque fois qu’ils étaient près de l’attraper. Quant à moi, je narrai mon histoire, comme si elle était arrivée

à quelqu’un d’autre. Je me sentais totalement détachée de tous ces évènements. Il était près de midi, lorsque l’inspecteur prit congé de nous. Patrick me tint longtemps dans ses bras. Nous réalisions à quel point nous avions failli nous perdre, une seconde fois. il relâcha son étreinte et posa un doux baiser sur mon front.

— Tu as faim?, me demanda-t-il.

— Oui. Mais j’aimerais prendre une douche avant. Tu veux la prendre avec moi?

— Volontiers, me répondit mon amoureux.

Je retirai mon pantalon de survêtement et mon débardeur et j’entrai sous la cascade d’eau chaude. Patrick me rejoignit quelques instants plus tard. Il prit un peu de gel douche, qu’il fit mousser entre ses mains et massa mes omoplates, frôlant un hématome sur mon côté gauche. Je gémis de douleur et il s’interrompit.

— Non n’arrête pas s’il te plaît. Ça fait du bien.

Il poursuivit, massa mes reins quelques minutes. Je sentis son sexe durcir dans mon dos. Je pris ses mains et les ramenai sur mon ventre, pour le sentir contre moi. Elles remontèrent ensuite sur mes seins, qu’il malaxa tout en douceur. Je passai ma main entre nous et j’empoignai son sexe, que je branlai doucement. Patrick dirigea l’une des siennes vers mon bas ventre. Ses doigts agacèrent mon clitoris et je me tortillai contre lui, en gémissant. Je me retournai et l’embrassai langoureusement, entourant son cou de mes bras. Avec précaution, il me souleva et me plaqua contre le mur de la douche, avant de me pénétrer avec une lenteur exquise. Je serrai mes jambes autour de lui afin de le sentir au plus profond de moi. Ses coups de reins se firent lent, mais intense.

— Je t’aime, me dit-il entre deux coups de reins.

— Je t’aime, lui répondis-je.

Je le serrai fort contre moi et je jouis entre ses bras, tandis qu’il se déversait en moi. Tout en douceur, il se retira et me déposa sur le plancher de la douche. Il arrêta l’eau, et m’enroula dans une grosse serviette moelleuse, avant de s’envelopper lui aussi dans une serviette plus petite.

— Qu’aimerais-tu manger?, me demanda-t-il, désireux de me faire plaisir.

— Pourquoi pas des crêpes?

— Avec des fruits?

Je hochai la tête, avant de m’installer au comptoir. Patrick alluma la radio et, don’t worry, be happy de Bob Marley, se mit à jouer. Mon amoureux chanta doucement en duo avec le chanteur, en mesurant la farine. Je me joignis à lui et nous nous sourîmes.

— Je vais devoir défaire mes cartons après notre petit-déjeuner. Tu veux m’aider?, demandais-je.

— Bien sûr.

Une fois le repas terminé, je passai un pyjama bleu pastel et mes pantoufles violette, alors que Patrick passait un pantalon de survêtement noir et un chandail gris. Tandis que nous nous mettions au travail, on sonna à l’interphone de l’ascenseur. Patrick alla appuyer sur le bouton d’appel et demanda:

— Qui est-ce?

— C’est Agnès, votre secrétaire. Je passais dans le coin, et j’ai eu envie de prendre des nouvelles de notre protégée.

— bien sûr, je vous ouvre.

L’ascenseur monta lentement et Patrick souleva la grille. Agnès entra et fit la bise à son patron, avant déposer un sac remplis de victuailles sur le comptoir. Ensuite, elle se dirigea vers moi. Elle m’examina avant de me prendre dans ses bras d’un air bien veillant, presque maternel.

— Vous voulez un coup de main?, nous proposa-t-elle.

— Bien sûr, nous répondîmes de conserve Patrick et moi.

Nous mîmes en tout et partout presque trois heures pour tout déballer et installer dans le loft de mon amoureux. Au bout de deux heures cependant, Agnès et Patrick durent continuer le travail seuls, car j’eus un mal de tête qui me donna des étourdissements. Je terminai l’après-midi, sur le sofa, devant la cheminée

au gaz, qui diffusait une douce chaleur.

— Vous avez faim?, demanda Agnès.

Nous acquiesçâmes, et elle sortit divers plats du sac qu’elle avait déposer sur le comptoir. Patrick esquissa un geste pour lui venir en aide, mais elle refusa.

— Laissez-moi m’occuper de vous aujourd’hui. Retournez au salon auprès de Jessie. Elle alluma la radio, et changea de station. Elle syntonisa un poste de musique classique et fur Elise de Bethoveen remplis la pièce. Lovée contre mon amoureux, je me laissai bercée par la douce musique. Une odeur de tomate, d’origan et de mozzarella emplis bientôt la pièce. J’en eus l’eau à la bouche. Nous nous levâmes du sofa lorsque nous l’entendîmes déposer les assiettes sur la table de la cuisine. Nous eûmes droit à une grosse portion de lasagne. Alors que nous nous asseyions à table, elle nous servit à chacun un verre de lait de chèvre, qu’elle venait d’acheter au marché. Il était frais et crémeux. Je goûtai à la lasagne, qui se révéla délicieuse. Personne ne dit un seul mot pendant le repas, savourant pleinement ce qu’Agnès nous avait préparé. Nos assiettes terminées, elle débarrassa et apporta le dessert. C’était une tarte aux pommes qu’elle avait également préparée. Elle en fit réchauffer trois parts, que nous dégustâmes avec une boule de glace à la vanille et un bout de fromage. Une fois le dessert terminé, Patrick fit la vaisselle, tandis que moi et Agnès jouions aux échecs, tout en bavardant de choses et d’autres. Je lui racontai tout en détail ce que j’avais vécu ces derniers jours. Elle fût impressionnée par mon courage et mon sang froid.

— Je suis contente que Patrick soit de retour dans ma vie, dis-je en le regardant. Ma vie était vide sans lui. Il me regarda à son tour, et me sourit. Après quelque minutes, Agnès demanda:

— Maintenant que tout est régler, dans combien de temps allons-nous réouvrir le bureau?

— Vous pourrez réouvrir dès demain. Vous gèrerez les clients, et prendrez leur commande. Je sais que vous en êtes capable. Quant à moi et Jessie, j’aimerais qu’elle se remette entièrement, avant d’envisager un retour au travail.

— Et pour les commandes?

— Envoyez-moi les devis et je travaillerai d’ici avec Jessie.

Agnès acquiesça, et me mit échec et mat.

— Félicitation, la complimentai-je. Vous êtes une adversaire redoutable.

Elle me sourit avant de se lever.

— Il est tard. Je reviendrai demain soir. J’ai passé une agréable soirée merci.

Elle me prit précautionneusement dans ses bras, avant de faire à nouveau la bises à son patron. Elle prit ensuite congé de nous, en descendant l’escalier de service.

— C’était gentil de sa part de venir ce soir, dis-je.

— Oui. Elle adore prendre soin de moi. Agnès est dans ma compagnie depuis que je l’ai lancée il y a une dizaine d’année. C’est une perle. Tu veux regarder un film?

Je hochai la tête et nous montâmes dans sa chambre. Il sortit une pochette de films et me la donna. Je l’ouvrit et en feuilletai les pages. Je tombai sur Sommet de Dante. Je lui donnai le disque et il le mit dans le lecteur DVD. Je me lovai dans ses bras, ôtant mes pantoufles d’un coup de pied. Patrick nous couvrit avec une couette moelleuse et je soupirai d’aise. Ma main droite caressa son torse et son ventre sous son chandail. Il soupira de contentement. Je descendis plus bas, laissant les poils de son bas-ventre me chatouiller les doigts. Je descendis encore, et j’effleurai son sexe du bout des doigts. Il était chaud et doux. Je l’empoignai et le caressai tout en douceur. Patrick gémit et m’embrassa. Je passai ma tête sous la couette et sortit son sexe, pour ensuite le prendre dans ma bouche.

— Oh oui, gémit mon amoureux. Suce-moi.

Je léchai la base de son gland, avant de prendre son sexe démesuré dans ma bouche. Je sentis ses mains appuyer sur ma tête afin de sucer plus en profondeur. Je le branlai doucement d’une main et de l’autre, je massai ses bourses. Ses gémissements se faisaient de plus en plus fort. Il me prit la tête, pour ensuite m’allonger sur lui. Ses mains malaxèrent mes fesses tout en douceur, avant de s’insinuer entre elles. Il testa à nouveau l’élasticité de mon anus, et je m’offris pleinement à sa caresse. Il me pénétra avec un doigt, puis un second. Mes gémissements allèrent crescendo, et, alors qu’il poussait ses doigts au plus profond de mon anus, je jouis intensément. N’ayant pas encore jouit, il nous fit rouler, et je me retrouvai sous lui. Il retira ses doigts de mon petit trou, prit le plug dans le tiroir de sa table de chevet et me l’enfonça dans l’anus, avant de me pénétrer tout en douceur. J’eus alors le même sentiment d’être remplie qu’il y a quelques jours à peine. Il adopta un rythme lent, s’appuyant sur ses bras et ses genoux plutôt que sur moi. Ses coups de boutoirs étaient intenses, mais restaient lent. Ils m’emmenaient toujours de plus en plus haut. Mes mains se posèrent sur ses fesses, afin de lui faire prendre un rythme plus accéléré. Il s’exécuta et passa une main entre nous deux, avant de titiller mon clitoris. Je jouis presque immédiatement, dans un hurlement presque libérateur. Tout mon stress et mes angoisses s’évacuèrent dans ce cri, me laissant pantelante, et étonnement légère. Je ne m’étais pas rendue compte que les évènements des derniers jours, m’oppressaient de la sorte. Patrick jouit lui aussi, en hurlant mon nom, me pressant contre lui comme si j’étais sa bouée de sauvetage. C’était ce que j’étais en fait. Tout comme lui était la mienne. Nous étions deux naufragés qui venaient d’apercevoir une bouée. La bouée qu’ils avaient tous deux cherchés depuis dix ans et qu’ils n’avaient pas réussis à retrouver depuis tout ce temps. Nous restâmes longtemps immobiles, savourant l’instant de bien-être qui suit la jouissance. Patrick éteignit la télévision, et me serra fort dans ses bras et nous nous endormîmes en quelques minutes. Je me retrouvai soudain dans le chalet, devant Caroline Quincy et Sawyer qui pointait son arme dans ma direction. Cependant, ce n’était pas l’agent Messier qui était allongé sur le sol, mais mon amoureux. Il n’était pas seulement assommé, mais il était mort. J’essayai, de me sauver comme la dernière fois, mais il me tira une balle dans la jambe. Je m’effondrai, et il se jeta sur moi, tout comme Caroline. Ils m’étranglèrent tous les deux et…

Patrick me secoua doucement.

— Jessie! Réveille toi!

Terrifiée par mon cauchemar, j’ouvris les yeux. La première chose que je vis, fût un Patrick soucieux.

J’éclatai aussitôt en sanglots. Mon amoureux me serra dans ses bras, me murmurant des mots en créole, jusqu’à ce que mes larmes se tarissent et que mes sanglots cessent.

— J’ai rêvé que tu étais mort, dis-je simplement.

— Chut… Je suis là. Tout va bien, me répondit-il. Rendors-toi.

Je m’allongeai à nouveau dans ses bras, et je sus presque immédiatement que je ne réussirais pas à me rendormir immédiatement. Je me concentrai sur le battement du coeur et de la respiration de mon amoureux, exhortant mon corps à se détendre. Je me rendormis d’un sommeil agité, alors que le soleil était presque levé. Je me réveillai vers midi, aussi épuisée que si je n’avais pas dormi. Patrick me regarda, inquiet, en me tendant un bol de café au lait.

— Tu veux qu’on aille voir un médecin? Qu’il puisse te prescrire quelque chose pour dormir?

Silencieuse, je hochai la tête entre deux gorgées de café, alors qu’il déposait devant moi une assiette de

fruits et un bol de yaourt à la vanille. Je posai mon bol de café vide, et m’emparai d’une fraise, que je mordillai distraitement. Elle était juteuse et sucrée. Une fois le petit déjeuner terminé, je passai un pantalon noir et un chemisier bleu pastel. Patrick, lui, passa un jean bleu foncé, et un chandail à col roulé noir. Nous descendîmes au stationnement sous-terrain, où le gardien qui était là le soir de mon arrivé, nous salua d’un signe de tête. Nous montâmes dans la voiture de Patrick, qui nous conduisit à l’hôpital, où nous revîmes le docteur Laramée.

— Bonjour mademoiselle! Vous avez une mine affreuse. Que puis-je faire pour vous?, me demanda-t-il.

— Je fais des cauchemars. J’aurais besoin de quelque chose pour m’aider à dormir.

— Je peux vous prescrire de la benzodiazépine. C’est un somnifère puissant, qui devrait faire l’affaire.

S’emparant d’un bloc de prescription, il griffonna quelques secondes, avant de me tendre la feuille.

— C’est une prescription pour un mois, à prendre au besoin. Vous reviendrez me voir par la suite, et on avisera.

— Merci Docteur, dit Patrick.

Il m’aida à me lever, et nous nous rendîmes à la pharmacie. Une fois la boîte de comprimés récupérée, nous rentrâmes à la maison.

— Tu veux en prendre maintenant?, me demanda Patrick.

Je hochai la tête, complètement épuisée. Mon amoureux regarda la posologie, et me tendit un comprimé, avec une bouteille d’eau. J’avalai le comprimé avec une gorgée, avant de monter à la chambre, Patrick sur les talons. Je m’allongeai par-dessus la couette, tandis qu’il me borda avec la couverture de ma grand-mère,

et me donnait mon ourson. Puis, il se coucha près de moi. Je serrai mon ourson contre moi, puis, je me laissai bercer par les battements de coeur et la respiration de mon amoureux, puis, le somnifère agit, et je sombrai dans un profond sommeil, dénué de rêves.

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