Récit #153 – Catherine – Partie 6

Dans le taxi qui nous a transportés de mon lieu de travail, jusque chez nous, Florence n’a presque rien dit. Elle est encore très trempe de sa marche sous la pluie, mais j’essaie de la réchauffer en me collant sur elle.

Dès qu’on entre chez nous, je l’emmitoufle dans une serviette. Puis après quelques minutes, je l’échange pour une que j’ai passée brièvement à la sécheuse.

— Flo… Dis-moi ce qui s’est passé?

— Ben, finit-elle par dire. Y’était dans le lit… Pis il y avait une fille en dessous de lui…

— Comment t’as su?

— Ben… Ça commence après notre…, commence-t-elle. Ton chum il est pas là?

— On a peut-être vingt ou trente minutes avant qu’il arrive, dis-je en regardant ma montre.

— Ça commence après notre aventure… Tu te rappelles, tu avais oublié ton soutien-gorge après être parti en catastrophe.

— Oui, oui…

— J’ai pas eu le temps de la chercher avant que Joffrey arrive. Mais le lendemain matin, je l’ai vu ramasser le linge qui traînait autour du lit. Il ne fait jamais ça. Je l’ai même vu ramasser ton soutien-gorge… Et il est allé tout mettre dans la laveuse. Sauf que… Quand je l’ai vidé 30 minutes plus tard, elle avait disparu! Et c’est à ce moment que j’ai compris qu’il se passait quelque chose… J’ai utilisé l’application que je lui avais installée pour suivre chacun de ses déplacements… Et quand j’ai vérifié où il était ce midi, j’ai vu qu’il était à la maison. Je me suis pointée. Et il me trompait… Là. Dans mon lit.

— Et qu’est-ce que tu vas faire?

— Aucune idée… J’ai besoin d’y réfléchir… Est-ce que je peux rester ici? Je sais qu’il ne me trouvera pas ici.

— Oui, oui.

— Mais t’as pas peur que ça soit bizarre avec ton chum?

— Un peu… Mais je vais m’arranger avec lui.

 

Je la laisse quelques instants. Je prends mon cellulaire, j’appelle Pierre.

— Chérie, dis-je alors qu’il répond. Es-tu encore au bureau?

— Non, je suis dans la voiture. Je suis là dans environ à dix minutes.

— Peux-tu arrêter à l’épicerie. On va avoir besoin de chocolat, de crème glacée à la pâte à biscuit… Et du vin possiblement.

— Qu’est-ce qui se passe?

— Faut que tu me promettes de garder le secret.

— Tu me connais.

— Ben Florence, la blonde de ton collègue… Joffrey. Ben elle l’a surpris au lit avec un autre ce midi. Et elle est ici…

 

Il pousse un soupir.

— Ça explique plusieurs choses, finit-il par dire. Joffrey est pas rentré travailler cet après-midi… Et qu’il aille une maîtresse ne me surprend pas tant que ça…

— Tu le savais?

— Non… Mais disons que j’avais de petits doutes.

— Comme quoi.

— De longs lunchs d’affaires, mais il ne ramenait pas les factures pour se faire remboursés. Quand on est en voyage ensemble… Il ne revient jamais avec moi à l’hôtel… Des fois, il porte le même linge que la veille lorsqu’on se retrouve chez le client.

— Et tu me l’as pas dit?

— Tu me connais… Je ne suis pas mémère. Et comme je ne connais pas beaucoup sa blonde, je préférais rien dire… D’ailleurs… Pourquoi elle est chez nous?

— Ben… dis-je avec un peu d’hésitation. Je l’ai croisée sur la rue en marchant jusqu’à la maison… Elle n’avait même pas de parapluie.

— Yike!… Avec la pluie torrentielle d’aujourd’hui…

— Et comme on suit le même cours de yoga, ben j’ai parlé avec elle… Et je l’ai invitée à venir se réfugier chez nous…

— OK.

— Mais là. Même si Joeffrey te questionne, tu ne lui dis pas où elle est. Elle veut réfléchir.

— OK. Donc, Chocolat, crème glacée et vin, répète-t-il.

— Oui! Merci chérie!

 

Je raccroche.

 

***

 

C’est finalement lundi matin. Pierre s’apprête à partir pour aller travailler quand je l’arrête. Je l’embrasse sur la bouche.

— Merci, pour la fin de semaine. Tu as été vraiment exemplaire avec Florence. Tu lui as bien remonté le moral. Elle a beaucoup apprécié.

— C’est tout naturel, dit-il.

 

Il se tourne vers la porte d’entrée et avant qu’il ne referme la porte derrière lui, je lui souhaite bonne journée. Je me dirige vers le salon, où Florence a dormi les deux nuits qu’elle a passées chez nous.

— Et puis? lui demandais-je.

— J’ai décidé de prendre la journée off. J’ai pas la tête à travailler.

— Écoute. Tu fais comme chez toi.

— Merci… dit-elle… Pierre, ton chum… Il est vraiment… extraordinaire. Je te comprends de rester avec lui. C’est l’homme parfait… Drôle, empathique, cute. Pis j’imagine qui fait bien l’amour… J’ai aucune chance contre un gars comme ça.

— Dis pas ça… Vous êtes tous les deux différents… Et similaire… Vous êtes tous les deux drôle, empathique, cute… et (chuchote) vous faites tous les deux très bien l’amour, dis-je.

 

Elle s’approche me donne un petit baiser sur les lèvres.

— Veux-tu prendre une douche avec moi? me demande-t-elle.

— Je dois partir travailler…

— Moi, j’ai besoin de chaleur humaine… de tendresse… Et ça été vraiment dure d’être avec toi, toute la fin de semaine et de ne pas pouvoir te toucher t’embrasser…

 

Je regarde ma montre.

— Come on. Juste une petite douche, ajoute-t-elle.

— OK… Laisse-moi envoyer un texto à mon boss pour lui dire que je vais être en retard.

 

Florence se lève.

— Je vais partir la douche, dit-elle avec un petit sourire.

 

Je commence à me déshabiller dans la chambre, et je vais dans la chambre de bain. Je peux voir la forme du corps de Florence derrière le verre glas de la douche. Je retire ma petite culotte, ouvre la porte et me joins à elle.

 

Immédiatement, elle m’enlace. Nos seins frottent ensemble alors que nos lèvres se rejoignent. Au début, c’est prude, mais rapidement nos langues s’enlacent… Et je sens ses mains qui se posent sur mes fesses.

 

Je prends le gel de douche, j’en mets dans le creux de mes mains et je commence à la savonner lentement, mélangeant massage et caresses intimes. Je sens sa respiration s’accélérer alors que je lui savonne les seins alors que je lui embrasse le cou. Puis, c’est à mon tour de se faire savonner. Elle connait vraiment bien mon corps… Elle sait comment me caresser.

 

Une fois bien propre, elle s’agenouille devant moi. Ses doigts caressent délicatement ma chatte… Mes lèvres intimes. Je me serre dans un coin de la douche, une main posée sur chaque paroi. Sa langue remplace ses doigts et elle me caresse lentement.

 

Je pousse un long soupir. Je dois avouer que moi aussi ça m’a un peu torturée de l’avoir si près de moi pendant plusieurs jours et de ne pas pouvoir sentir sa langue qui parcoure mon corps…

 

Elle continue de me lécher pendant un bon cinq minutes… Jusqu’à ce que j’ai un orgasme dans la douche… Elle se relève lentement, me donne un autre baiser langoureux sur la bouche.

 

Nous sortons de la douche, nous nous essuyons. Je me rhabille. Et avant de partir, Florence me donne une petite claque sur les fesses.

— Passe une bonne journée ma princesse, me dit-elle avec un petit sourire.

 

***

 

Le soir arrive. Pierre et moi, nous retrouvons Florence chez nous. Elle est restée au lit, plutôt le divan, toute la journée à regarder Netflix. Alors qu’elle termine le dixième épisode de la saison deux de Jessica Jones, Pierre et moi faisons le souper dans la cuisine. À un moment, il s’approche de moi.

— Je sais que c’est délicat… Mais si tu veux, un soir cette semaine, je peux m’occuper de Florence. Et tu peux… (chuchote) allez voir ta maîtresse…

— Ça ne sera pas nécessaire, dis-je un peu mal à l’aise.

— Tu devrais… Je sais que tu aimes vraiment tes soirées de « filles ». Et ça va te changer les idées…

 

Je pousse un petit soupir.

— C’est parce que… ma maîtresse a dormi sur le divan toute la fin de semaine…

 

Il fige. Sa bouche commence à former un large « O ».

— Pour… Pour vrai? Florence… Cette Florence?

— Eh oui… Hum. Si tu veux je peux lui demander de partir…

 

Son expression de surprise sur son visage se transforme lentement en petit sourire.

— À quoi tu penses?

— D’après toi…

— Heille! Je te l’ai déjà dit! Pas de (chuchote) trip à trois!

— Je sais… Je sais…, dit-il alors que son sourire s’élargit. Tu sais que tu as vraiment du goût… Je l’imaginais un peu plus masculine.

 

C’est à ce moment que Florence entre dans la cuisine. Pierre se retourne. Ils échangent un regard. Puis Florence se tourne vers moi.

— Tu lui as dit? devine immédiatement Florence.

— Dis quoi? réponds Pierre.

— Tu bandes, fais remarquer Florence.

 

Il regarde entre ses jambes.

— Ah ben… C’est vrai… Il est réveillé… Étrange…

 

Je soupire.

— Faisons les choses correctement, dis-je. Pierre. Je te présente, Florence. Ma maîtresse. Florence… Mon chum, Pierre.

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