Récit #160 – Catherine – Partie 7 – La nouvelle entente

 

Dans la sixième partie, Florence se réfugie chez Catherine et son chum, Pierre, alors qu’elle surprend son propre chum au lit avec une autre femme. Après quelques jours, alors qu’ils s’apprêtent à passer à table, Pierre finit par apprendre l’identité de la maîtresse de Catherine…

Nous nous installons tous autour de la table à dîner. Pierre sourit, un peu soulagé que je lui aie finalement dit qui était ma maîtresse. Florence, elle est un peu plus nerveuse. Moi aussi. Je nous sers un verre de vin à chacun.

Alors que nous commençons à manger nos salades. Florence commence :

— Pierre… J’imagine que tu as beaucoup de questions.

— En effet, répondit-il.

— Pose-les. Qu’on vide le sujet. Je te promets d’être honnête comme Catherine l’a été avec toi.

— Comment vous êtes-vous rencontré? lui demande-t-il.

— Au Yoga.

— Qui a fait les premiers pas?

— Moi, répondit Florence.

— Quand?

— Après l’enterrement de vie de jeune fille Valérie.

— Pourquoi as-tu flirté avec Catherine?

— Parce que je la trouve belle… Ça faisait longtemps que je voulais essayer avec une fille… Et Valérie a laissé échapper durant la soirée qu’elle était bisexuelle.

 

Pierre se tourne vers moi.

— Comment elle le savait?

— C’était ma coloc à l’université, dis-je. Elle a connu quelqu’un de mes chums… et de mes blondes.

 

Il se tourne de nouveau vers Florence.

— C’était comment ta première fois?

— Je ne pensais pas que j’aimerais autant ça.

— Orgasme?

— Oui, dit-elle après une gorgée de vin.

 

Nous mangeons quelques bouchés.

— Qu’est-ce que tu préfères chez une femme? demande-t-il à Florence.

— Le touchée d’une femme… Ses caresses.

— Qu’est-ce que tu préfères chez un homme?

 

Elle réfléchit quelques secondes. Prends une autre gorgée de vin.

— Rien.

— Rien?

— Rien! J’en ai fini avec les gars! Je suis lesbienne!

— Sérieux? lui demande-je, incrédule.

— Oui! J’ai bien réfléchi durant les trois derniers jours. Et les gars, c’est fini. Fini! J’ai eu plus d’orgasmes durant les deux derniers mois avec une femme que j’en ai eu depuis que j’ai perdu ma virginité.

 

Pierre prend son verre, il me fixe du regard et trinque avec moi. Nous prenons quelques autres bouchés.

— Maintenant… Parlons du strap-on. Catherine n’a pas voulu trop s’épancher sur le sujet… Alors je me demandais…

— Qu’est-ce que tu veux savoir?

— C’est comment?

— C’est surprenament… le fun! répondit-elle en prenant une gorgée de vin.

— Qu’est-ce que tu veux dire?

— Ben. Quand je l’ai acheté… c’était surtout pour le kick. Je me disais qu’on allait l’essayer dix, quinze minutes. Puis, on allait le mettre de côté… Mais le strap-on, c’est le fun. J’ai compris plusieurs choses…

— Comme quoi?

— Ben. Premièrement. Doggy-style. Je n’ai personnellement jamais vraiment tripée sur cette position. À quatre pattes sur le lit à fixer la tête de lit pendant que ton chum sue derrière toi… Je n’avais jamais trouvé l’intérêt. Jusqu’à ce qu’on le fasse ensemble, ajoute-t-elle tournant la tête pour me sourire. C’est quelque chose de se retrouver à genoux devant une fille, de pouvoir lui fouetter les fesses avec ta queue, lui prendre les hanches, t’enfoncer en elle, lui tirer les cheveux… Et deuxièmement. Ben j’ai compris pourquoi des fois quand, dans le feu de l’action, même si on a beau vous supplier de ne pas ralentir, vous le faites quand même. Le lendemain, au bureau, j’avais mal aux abdominaux et aux épaules. Comme si je m’étais entrainé toute la nuit.

— N’oublie pas de lui dire, ajoute-je. C’est que tu m’as prise doggy-style sur la table de la cuisine le lendemain main.

— Cette table? demande Pierre.

 

Je lui fais un petit oui de la tête.

— Est-ce que ça serait trop demander que de le voir, le fameux strap-on?

— Il est à l’appart de mon ex… Demain, je vais aller prendre mes affaires en douce. Et je vais le laisser dans sa cachette… Avec un peu de chance, sa nouvelle pute va le trouver en premier et elle va pouvoir l’enculer… comme il le mérite.

 

Pierre et moi rions timidement.

— Dernière fois que vous avez fait l’amour?

— Ce matin, dit-elle en prenant une gorgée de vin.

 

Pierre se tourne vers moi, les sourcils froncés.

— C’était spontané… J’ai pas eu le temps de t’en parler.

— Où ? demande-t-il à Florence.

— Dans la douche.

 

Nous continuons de manger en discutant pendant une longue heure. La discussion coule bien. Je vois même si Florence réponds franchement aux questions de Pierre, ça ne semble l’inquiéter que ma maîtresse reste temporairement à la maison.

 

— Mais là, demande Pierre. Maintenant que tu as dompé Joffrey, qu’est-ce que tu vas faire?

— Je vais dater… des filles!

— Si rapidement? lui demande-je.

— La vie est trop courte. J’ai 27 ans. Nouvellement lesbienne… J’ai le goût d’expérimenté! De rencontrer du nouveau monde!

— Buvons à ça! lance Pierre.

 

Nous levons tous nos verres, buvons tous une bonne gorgée.

— Et… finit-il par dire. D’ici à ce que tu te fasses une blonde… Catherine peut rester ta maîtresse, ajoute-t-il en me faisant un clin d’œil.

 

***

 

Deux mois s’écoulent. Florence reste chez nous. Et étonnamment, Pierre et Florence se partagent harmonieusement mon attention. Pierre nous laisse parfois seules quelques fois par semaine… Et de son côté, Florence commence même à dater…

 

Lorsque j’arrive vendredi soir, Pierre est déjà en train de faire le souper.

— Tu tombes bien, lance-t-il en me voyant.

— Quoi?

— Va aider Florence dans la salle de bain. Elle essaie de se coiffer, mais aux sacres que j’entends, je crois qu’elle a de la misère à le faire seule.

 

J’entre. Je la vois devant le miroir, une belle robe, déjà maquillée. Elle essaie de se faire une tresse française. Je m’installe derrière elle.

— Laisse-moi faire.

 

Elle pousse un soupir en lâchant ses cheveux. Je défais le haut de sa tresse et recommence du début.

— Tu dates qui ce soir?

— Judith.

— C’est qui? J’ai un peu perdu le fil.

 

Elle sort son téléphone, me montre une photo, une magnifique fille, cheveux noirs, beau regard perçant, large sourire.

— Ha! La même fille que mardi, dis-je avec un sourire. C’est elle qui t’a rappelé?

— Oui.

— C’est bon signe… C’est peut-être elle ta princesse!

— Tu crois?

— Et puis… Si vous faites une troisième date, on pourrait sortir tous les quatre.

— Je sais pas, dit-elle en se rongeant les ongles.

— Ou juste moi, dis-je.

— Je sais pas! dit-elle irritée. Je sais même pas s’il y aura une troisième date!

— Okay, okay… j’essayais juste de déstresser.

 

Alors que je finis sa tresse. Je laisse mes mains descendre sur ses épaules et je la masse quelques secondes.

— Tu vas voir, ça va bien se passer, dis-je.

— J’espère.

 

Nous sortons de la salle de bain, elle prend son sac et part. Pierre et moi, on se regarde, on se sourit. Nous savons que nous avons la soirée en tête-à-tête. Après le souper, nous nous installons devant la télévision et nous regardons les derniers épisodes de la deuxième saison de Jessica Jones.

 

Lorsque plusieurs heures plus tard, nous finissons par voir la conclusion, nous fermons l’ordinateur. Son visage s’approche du mien et nous nous embrassons. Je sens ses mains se faufiler dans les couvertes, dans mon chandail et il commence à me caresser les seins. Après quelques minutes, je me lève et le prends par la main et l’attire jusqu’à notre chambre à coucher.

 

Je retire mon chandail devant lui et m’allonge sur le lit. L’éclair de lune qui éclaire son visage me permet de voir son sourire. Il s’approche. Je l’entends défaire la boucle de sa ceinture. Ses pantalons tombent sur le sol. Il s’approche encore m’agrippe un pied. Il tire sur mon pantalon jusqu’à ce que je retrouve en petite culotte. Il se penche. Je sens ses dents agripper le tissu de ma petite culotte et il la tire maladroitement.

 

Finalement, lorsque je me retrouve nue, il s’approche de nous. Cette fois, je sens sa queue frotter contre le bas de mon ventre. Je la prends dans mes mains et la guide doucement plus bas. Elle glisse doucement entre mes lèvres intimes. Lorsque je la lâche, j’agrippe ses avant-bras. Et je sens ses muscles se contracter et sa queue lentement s’enfoncer en moi.

 

Il commence à faire de lents mouvements de va-et-vient lorsque nous entendons la porte d’entrer ouvrir et se refermer. Pierre gèle. Florence est de retour. Après quelques secondes de silence, je lui dit en chuchotant : « Continue… Fait juste pas trop de bruit… »

 

Il recommence à faire des va-et-viens. Il accélère lentement. Après quelques minutes, nous changeons de position. Je me mets à quatre pattes sur le lit et il me prend par derrière. Il en profite pour me prendre les cheveux et me pénétrer fermement… comme je l’aime. Nous respirons tous les deux très fort. Et dans le feu de l’action, je ne peux m’empêcher de soupirer… puis gémir. Pierre, de son côté, grogne faiblement. Lorsqu’il ralentit, je me retourne, m’agenouille devant lui. Et je commence à le sucer. J’ai tellement envie de sentir son sperme en moi… Et il le sait que j’aime avaler… Je le suce deux ou trois minutes, jusqu’à ce que je sente que sa respiration devienne irrégulière.

 

Je serre les lèvres autour de sa queue. Et quelques secondes plus tard, il me remplit la bouche. Il m’en donne tellement que je m’étouffe un peu, mais je finis quand même par tout avaler… Puis nous nous couchons l’un contre l’autre, et nous nous endormons.

 

Le lendemain matin, lorsque je me réveille, je suis seule dans le lit. Je savais que Pierre devait partir tôt pour le bureau. Je me lève tranquillement et je me dirige vers la douche. Lorsque je sors de la douche, j’enfile une robe de chambre et je vais dans la cuisine.

 

Florence est déjà attablée.

— Et puis, ta date d’hier? lui demande-je.

— Bof.

— Bof?

— Ouais. Bof. Plus je lui parlais… Plus j’avais l’impression que j’avais rien en commun avec elle. Elle est super féministe… et militante. Ça m’a turnée off.

— C’est plate ça… dis-je avec déception. La prochaine sera peut-être la bonne, ajoute-je pour l’encourager.

 

Elle pousse un long soupir.

— Peut-être qu’il n’y en a pas de bonne…

— Ne dit pas ça… Tu vas trouver….

— Peut-être que tu es la seule…

— Mais j’ai Pierre. Je suis déjà prise!

 

Elle me regarde en silence quelques secondes.

— Mais, ajoute-t-elle. On pourrait te partager…

— Mais c’est déjà ça qu’on fait… Non? lui dis-je. As-tu déjà oublié lundi soir quand il nous a laissées seules toutes les deux? lui dis-je mi-sourire.

— Oui… Il te laisse avoir une maîtresse… Mais est-ce que tu crois qu’il te laisserait… avoir une blonde?

 

Je fige.

— On pourrait louer un autre appartement avec deux chambres à coucher. Lundi, mercredi, vendredi, tu es ma blonde. Tu dors avec moi… Mardi, jeudi, samedi tu es sa blonde…

— Et le dimanche? On le fait à trois? dis-je en blague.

 

Elle soupire et elle se passe une main dans les cheveux.

— Ben, si c’est ce que ça prend… Pourquoi pas!

 

Je me rends compte qu’elle est sérieuse. Je prends une grande inspiration.

— Si Pierre m’avait proposé ça… J’aurais refusé… Mais venant de toi… Je ne sais pas quoi dire… pas quoi répondre.

— Pense-y. Parle à Pierre. Si tu veux, je peux aussi lui parler seule à seule.

— Tu sais quoi… Ce soir. Rentre tard. Je vais lui en parler.

 

Elle se lève, prends son sac et elle part travailler, me laissant seule dans la cuisine. Je prends une bonne demi-heure pour bien réfléchir… Au fond de moi, je me doutais qu’elle me proposerait ce type d’arrangement éventuellement. Mais ce qui me surprend, c’est que plus j’y pense… Plus je me dis que ça n’est pas si fou que ça… Je n’ai jamais été aussi épanouie depuis que j’ai un chum et une maîtresse. J’ai une bonne complicité avec les deux… Et je sais que Florence et Pierre s’entendent aussi très bien.

 

Et puis… Pierre… Il tellement curieux de ce que nous faisons ensemble… Il pense que je ne me rends pas compte. Mais il me pose discrètement des questions ici et là afin de rassembler des détails…

 

Lorsque Pierre rentre le soir, je suis déjà en train de faire la cuisine. Il s’approche de moi, m’enlace par derrière et il m’embrasse le cou.

— Qu’est-ce que tu fais? me demande-t-il.

— Ton repas favori, répondis-je. Des sushis, dis-je alors que je coupe le poisson.

 

Il relève ses manches et il va chercher le riz dans l’autocuiseur…

 

Ce n’est que lorsqu’il avale sa dernière bouchée de sushi que j’ose aborder le sujet de la soirée.

— Ce matin, j’ai parlé avec Florence.

— Ah bon. Vous avez parlé de quoi?

— Florence aimerait ça s’installer de manière… plus permanente…

— Ici? Mais on a juste une chambre à coucher.

 

Je prends une grande inspiration.

— Elle aimerait qu’on se cherche un nouvel appartement… Avec deux chambres… et deux lits doubles.

 

Il sourit.

— Enfin! Elle s’est décidée à te le demander, lance-t-il.

— Quoi? Elle t’en avait parlé?

— Non… Mais je m’en doutais. Il faudrait vraiment être aveugle pour ne pas le voir. Florence est vraiment amoureuse de toi. Ses histoires de dates avec d’autres filles. C’était pas sérieux. Elle y allait à reculons. Alors que les jours où vous passiez la soirée ensemble, elle était toujours radieuse avant… et après…

— Est-ce que ça te rendrait jaloux?

— Tu me connais. Je ne suis absolument pas jaloux…

— Donc… c’est oui?

— Bien sûr! dit-il. En même temps, on va pouvoir se choisir un appartement plus près de nos lieux de travail. Honnêtement, je commence à trouver ça lourd un peu le trafic… Montréal est devenu un vrai labyrinthe!

— Tu… Tu permets que je lui annonce? dis-je en lui montrant mon cellulaire.

 

Il hoche la tête. Dès que je lui annonce, je reçois une réponse. Un seul caractère. Un émoji : 😍.

 

Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvre. Florence entre… Et me saute littéralement dans les bras. Et dans le feu de l’action, elle m’embrasse sur la bouche. Ses mains me caressent les fesses. Ce n’est qu’après une minute que Florence ralentit, pose son regard sur Pierre.

— Ça te dérangerait de nous laisser quelques heures seules, lui demande-t-elle. J’aimerais avoir un moment intime… avec ma blonde, dit-elle la voix remplie de fierté.

— Okay, okay, dit-il en se levant.

 

Elle plonge sa main dans la poche de son jeans et elle en sort deux billets de 20 $.

— Tiens, dit-elle en lui lançant maladroitement. Va donc voir le match de Hockey à la cage…

— Hum. La coupe Stanley a été gagnée… la semaine dernière.

— Va voir un match de baseball, de cricket, de soccer… Je m’en fous… Laisse-nous seules. On est vendredi… Le vendredi, c’est ma blonde! Tu l’auras demain…

— Ouch! dit-il avec un sourire narquois. Avoir su, je t’aurais demandé d’attendre à demain avant de lui annoncer…

 

Il ramasse l’argent, me fait un clin d’œil et il sort.

 

Dès que la porte se referme, Florence recommence à m’embrasser passionnément sur la bouche. Elle se dépêche d’agrippé mon chandail et à dégrafer mon soutien-gorge. Elle m’embrasse le cou, caresse mes seins…

 

Puis nous entendons la porte d’entrée s’ouvrir de nouveau. Florence s’arrête, lui lance un regard perçant.

— S’cuser les filles, dit Pierre d’une voix feutrée. J’ai oublié les clés de l’auto!

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