Récit #179 – En mission au Bahamas

Dès que j’approche des lourdes portes de la station de métro « Place d’Armes », je prends une grande inspiration, monte mon foulard, le sers bien autour de ma bouche, qu’il couvre bien mon nez. Je tire sur mes mitaines et j’avance dans le froid sibérien qui nous a envahis depuis quelques jours.

Lorsque j’arrive au bureau cinq minutes plus tard, je suis presque déjà gelée. Je m’arrête au petit café du lobby, commande un café chaud. Dès qu’il atterrît dans mes mains, je me dépêche d’en prendre une gorgée alors qu’il réchauffe mes mains.

Je monte au douzième étage, passe devant la réceptionniste qui me salue nonchalamment. J’ai à peine eu le temps de retirer mon manteau que Patrick passe devant moi en marchant rapidement.
— Le boss a câllé une réunion d’urgence, lance-t-il avec son accent jeannois.

Je me dépêche à sortir mon laptop de mon sac et je le suis. Je suis la dernière à m’assoir dans la salle de réunion. Me Bouvier, un grand homme nerveux, habillé d’un complet classique, lit quelques phrases sur son téléphone avant de se lever la tête.
— J’ai reçu un appel de monsieur Laurin, dit-il d’un ton sérieux. Il a appris que sa future ex-femme avait acheté des billets d’avion pour aller aux Bahamas. Il m’a envoyé une capture d’écran de sa réservation. Il la soupçonne d’avoir caché de l’argent là-bas.
— Comment il l’a su ?, demande Patrick.
— Je n’ai pas posé la question…

Il prend une petite pause.
— Julie, lance-t-il en me regardant. Épluchez tous leurs relevés de compte. Trouvez quand et comment les transferts auraient pu avoir lieu. Éric, vous allez l’assister. Elizabeth, je veux que vous revérifiiez les registres fonciers à la recherche d’une propriété qu’elle aurait pu vendre et cacher une partie des profits aux Bahamas. Patrick, revérifiez le registre des entreprises. Jeff. Vous allez vous rendre aux Bahamas. Si elle approche à moins de cent mètres d’une banque, je veux des photos.

Jeff parait mal à l’aise.
— Quoi ? demande Me Bouvier irrité.
— Quand est-ce qu’elle part ?
— Vendredi. Pour une semaine.
— C’est parce que mon passeport est en cours de renouvellement. Je vais probablement juste l’avoir dans deux semaines.
— D’accord. Patrick. Vous allez au… Quoi ?
— Ben, c’est parce que ma femme en est rendue à 37 semaines. C’est trop près de la date. Je peux pas prendre ce risque.

Finalement, il se tourne vers moi.
— Julie. Vous allez aux Bahamas. Jeff, vous la briefez… Et vous éplucherez les relevés de comptes à sa place.

Le boss se lève et quitte la pièce. Tout le monde finit par partir sauf Jeff.
— Bon. C’est toi la chanceuse…
— Je… Je vais vraiment allez aux Bahamas ?
— Oui…

Je le suis jusqu’à son bureau. Il ouvre un tiroir et il en sort une petite valise.
— Le travail de filature est plutôt simple. Surtout dans un contexte comme les Bahamas, dit-il en l’ouvrant, dévoilant une caméra. Tu te fonds dans le décor. Tu la surveilles, mais pas de trop prêt. Ta cible devrait idéalement ne se douter de rien. Dans un endroit plutôt touristique comme les Bahamas, tu fais comme si tu prenais des photos de voyage : des plages, des montagnes, des couchers de soleil, des bâtiments, le contenu de ton assiette. Tsé, comme toutes les filles sur Instagram font. Comme ça, tu peux facilement justifier d’avoir une caméra si on te pose des questions. Surtout grosse comme ça, dit-il en la pointant. C’est une Nikon haut de gamme. Zoom 83x. Parfait pour suivre quelqu’un à distance. Je te suggère de t’entrainer un peu avant de partir. Dans le feu de l’action, tu risques peut-être d’avoir moins d’une seconde pour prendre la photo compromettante.

Je le prends lentement de la petite valise. Elle est plutôt lourde. Je la pointe vers la fenêtre, place mon œil dans le viseur, appuie sur le bouton. L’appareil fait un rapide déclic.
— Et pour les billets d’avion ?
— Va voir Ayem aux ressources humaines. Elle va toute t’organiser ça et t’expliquer comment fonctionne le remboursement de tes frais de déplacement.

 

Deux jours plus tard, après avoir bravé une fois de plus le froid québécois, je me retrouve à l’aéroport en début d’après-midi avec ma mère qui s’est proposé de me reconduire. Je lui ai dit que je prenais quelques jours de vacances. Et avant de m’avancer dans la ligne du contrôle de sécurité, j’en profite pour lui donner mon manteau d’hiver, en lui lançant tout sourire : « Je ne risque pas d’en avoir besoin ! ».

Fruit du hasard, je vois ma cible, la femme que je dois suivre, qui me se retrouve devant moi dans la file d’attente. Je lui fais un sourire niais et nos regards se croisent quelques secondes, puis elle se tourne. La femme que je dois suivre s’appelle Rebecca. Elle est plutôt grande, très mince, cheveux blonds, jusqu’au milieu du cou. Elle a 26 ans.

Dans l’avion, je me retrouve assise dans la rangée derrière elle (en première classe !). Après une heure de retard, quatre heures de vol, nous finissons par atterrir à Nassau, capitale des Bahamas. Lorsque je sors de l’aéroport, j’ai à peine le temps de la voir monter dans un taxi et disparaître.

Sur le coup, je fige… Et j’ai peur d’avoir déjà échoué ma mission. Mais je regarde ma montre. Et je souffle. Notre heure de retard veut dire qu’il est 17 h 30… Et que toutes les banques sont fermées jusqu’à lundi matin. La filature peut attendre.

Le lendemain matin, 7 heures du matin, comme je sais que nos chambres sont dans le même hôtel, je décide d’aller m’assoir au lobby et d’attendre qu’elle sorte… Et j’attends trois longues heures !

Ce n’est à 10 h que je la vois passer devant moi, vêtue d’un simple t-shirt blanc, d’un short jeans, d’une paire de lunette de soleil, d’un sac en bandoulière. Je la suis discrètement jusqu’à la plage. Je reste en retrait. À une centaine de mètres d’elle, je m’arrête et je la regarde se déshabiller. Elle porte un bikini plutôt minimaliste qui couvre uniquement le strict minimum, entièrement rouge. Je me passe comme commentaire : « Au moins, je ne risque pas de la perdre de vue… ».

Elle s’étale de la crème solaire sur les bras, sur les jambes, sur le corps. Et elle se couche sur sa serviette de plage… Et elle bronze. Je décide de sortir la caméra, prends quelques photos… Après l’avoir regardé une bonne heure, étendue sur le sable, je suis rentrée à l’hôtel. Je ne veux pas me brûler avant que la vraie filature commence lundi. J’enfile mon bikini, laisse la caméra derrière moi. Et direction… la plage !

 

Dimanche soir, l’hôtel à organiser un beach party. Après le souper, alors que le soleil se couche, je me dirige vers la plage, me rends au bar, j’essaie d’attirer l’attention du barman quelques fois sans y parvenir. Lorsque je remarque que Rebecca est juste à côté de moi, elle aussi essayant de se commander un drink.

Elle me sourit. Elle porte un short jeans, mais elle porte toujours son haut de bikini rouge.
— Me semble qu’on se croise souvent, me dit-elle.
— Ah oui ? dis-je en prenant un air innocent.
— Et à chaque fois que je regarde derrière moi, vous êtes là, dit-elle un levant un sourcil.
— C’est possible. Je n’ai pas remarqué, dis-je en replaçant mes cheveux.
— Alors je me suis dit… sois elle m’espionne…

Je sens que mon cœur vient de s’arrêter net sec dans ma poitrine.
— Ou sois elle a un kick sur moi… Et elle est trop gênée pour m’aborder.

Dans ma tête, les idées défilent rapidement. Pis passer pour une lesbienne timide… c’est définitivement mieux que de passer pour une espionne. Finalement le barman s’approche de nous.
— Je t’offre un verre ? me demande-t-elle avec un petit sourire.
— Pourquoi pas!

Elle se penche vers le barman et elle commande.
— Rebecca, dit-elle en me tendant la main alors que le barman commence à préparer nos drinks.
— Julie, dis-je.

On se fait une rapide bise sur les joues.
— Tu fais quoi dans la vie ? me demande-t-elle.
— Avocate. Et toi ?
— Femmes d’affaires, dit-elle. Je me spécialise surtout dans l’immobilier.
— Intéressant.

Le barman dépose nos drinks devant nous. Rebecca glisse un billet vers le barman et nos nous éloignons. Nous parlons de tout et de rien, de nos vacances jusqu’ici, de la météo montréalaise que nous avons fuie. On se donne la permission de se tutoyer mutuellement. Graduellement, le son du beach party devient moins fort à mesure que nous marchons sur la plage.
— Je dois dire que je suis flattée qu’une fille aille un kick sur moi, finit-elle par dire. Ça ne m’était encore jamais arrivé.
— Ou tu ne l’as jamais remarquée, ajoute-je.
— Peut-être…

Elle prend la dernière gorgée de son drink.
— Demain, je pensais aller faire une excursion de plongée en apnée. L’hôtel en organise. Parait que c’est de toute beauté avec les poissons qui nagent près de nous… Veux-tu m’accompagner ?
— Avec plaisir, dis-je en finissant moi aussi mon verre.
— Alors. Demain matin, 8 h dans le lobby de l’hôtel ?
— Parfait !
— À demain.

Elle me fait un petit clin d’œil et elle décide de rebrousser chemin jusqu’au beach party. Moi, de mon côté, je décide de retourner à ma chambre. Une fois couché sur mon lit, un petit doute me traverse l’esprit… Mais je décide de quand même y aller.

 

Lendemain, 8 h, nous nous retrouvons dans le lobby. Nous allons au comptoir, prenons les arrangements pour l’excursion et nous allons rapidement à la salle à manger, nous nous prenons chacun un croissant, quelques fruits, et nous allons devant l’hôtel.

L’autobus passe nous prendre avec sept autres touristes. Ils nous amènent jusqu’à un Catamaran. Et celui-ci nous amène à un lagon. Dès que nous débarquons, on nous explique rapidement les mesures de sécurité… Nous mettons nos palmes, nos masques… et nous sautons à l’eau !

 

Après deux heures de plongés, duquel nous avons cessé d’explorer les coraux, de caresser les poissons de toues les couleurs avec le bout de nos doigts, et avoir nagé quelque minutes avec un dauphin qui s’était retrouvé là par hasard, nous nous retrouvons étendus sur la plage, à deux cents mètres du catamaran alors que les autres touristes continent de nager autour.
— C’est dommage que ma caméra soit pas étanche… dis-je en soupirant. Ça aurait tellement fait de belles photos…
— Tellement…

Puis il y a un petit silence. Nos regards se croisent. Nous figeons. Puis, Rebecca pose sa main délicatement sur ma hanche. Et elle colle délicatement ses lèvres sont les miennes. Ça dure cinq, peut-être dix secondes. Puis nous nous resaisissons, replaçons nos cheveux.
— J’ai… commence-je timide, J’ai lu sur Internet qu’il y a un excellent restaurant japonais dans notre hôtel… Tu… Tu veux y aller avec moi ?

Elle me sourit. Nous échangeons une autre petit baiser et nous nous relevons et retournons nager.

 

Il est 23 h lorsque nous sortons du restaurant japonais, souper où nous avons parlé… et rient abondamment en nous racontant nos folies de jeunesse. Nous marchons lentement dans les couloirs. C’est lorsqu’elle me prend la main que je commence à sentir des petits papillons dans le bas du ventre.

Je la suis jusqu’à la porte de sa chambre. Elle m’entraine à l’intérieur. Elle m’attire vers son lit, qui se trouve devant une gigantesque fenêtre qui donne directement sur l’océan.

Nous nous allongeons une à côté de l’autre. On se regarde, yeux dans les yeux, pendant un long moment. Puis, je me rapproche et je colle mes lèvres contre les siennes. Nous nous embrassons lentement. Puis, nos langues se rencontrent, se caressent mutuellement. Je sens sa main se poser sur une de mes hanches et descendre jusqu’à mes cuisses.

J’ai tellement chaud, je suis tellement excitée que j’ai qu’une seule envie : me déshabiller. Je me redresse, retire mon chandail, déboutonne mon jeans. Rebecca m’imite. Et on se retrouve toutes les deux dans nos bikinis sur le lit en moins d’une minute… Nous nous enlaçons. Elle m’embrasse sur la bouche, dans le cou, alors que je lui caresse le dos avec mes mains.

Ses doigts tirent délicatement sur le nœud de mon haut. Il finit par tomber sur le lit alors que nous recommençons à nous frencher. Sa peau est si douce… Elle me couche sur le lit, elle caresse mes seins avec ses douces mains. Puis, je sens sa langue venir les lécher doucement.

Sa main se pose sur le bas de mon bikini. Je sens un de ses doigts, tâter, caresser mes lèvres intimes doucement. Puis, sa main s’éloigne, puis entre dans ma culotte… Je la sens qui caresse les quelques poils courts autour, et elle finit par écarter délicatement les lèvres humides.

Elle défait le nœud de chaque côté et elle la lance plus loin derrière elle. Elle me donne quelques baisers sur le ventre… Puis descendre tranquillement, jusqu’à sa tête soit entre mes jambes. Elle me donne de petits baisers à l’intérieur des cuisses. Puis, je sens sa langue se poser dessus… et remonter lentement. Mon corps se tend, puis après quelques léchées, mon corps se détend… Et je profite du moment…

Chaque léchée, chaque caresse qu’elle me fait avec sa langue est meilleure que la précédente. J’ai vraiment chaud… Je commence à sentir des gouttes de sueur parcourir mon front, mon cou, mon ventre. Je ne sais pas quoi faire de mes mains.

Puis, elle relève la tête.
— Arrête pas ! Continue ! lance-je alors que je me mords le bas de la lèvre.

Elle baisse de nouveau la tête et elle continue de me lécher. Je suis de plus en plus excitée, de plus en plus essoufflée… Puis, tout mon corps se contracte soudainement, ma respiration s’arrête… Et je jouis… Je jouis très bruyamment !

Elle vient s’allonger à côté de moi alors que je reprends mon souffle, que je savoure mon orgasme. Puis, j’ai qu’une envie…

Je me place par-dessus Rebecca, je l’embrasse sur la bouche et je trace un chemin de baisers… jusqu’à sa chatte. Je prends une inspiration. Son parfum intime, légèrement sucré, m’envahit les narines. Je pose ma langue dessus. Elle a la texture du miel, un peu salé en même temps. C’est la première fois que je pose mes lèvres sur une chatte… mais étrangement, ça me vient naturellement. Et j’adore ça ! Et d’après les petits cris aigu de Rebecca, elle aussi !

Je la lèche pendant dix minutes. Je commence à avoir mal un peu à la langue, mais devant les réactions de son corps alors que je la mange, je décide de continuer, de persévérer. Jusqu’à ce qu’elle ait, à son tour, un orgasme.

Je vais m’étendre à ses côtés. Elle se tourne, pose sa tête contre mon épaule. Je tire la couverte pour nous abriller. Nous échangeons un autre baiser… et nous nous endormons, blottis l’une contre l’autre.

Publicités

Une réflexion sur “Récit #179 – En mission au Bahamas

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s